conception, Grossesse

Jour J moins 9 mois

Neuf mois, le temps de fabriquer Le bébé, le temps d’annoncer la nouvelle, de préparer les affaires, de réfléchir au faire-part, au prénom … mais avant ces neuf mois, on en parle ?!

C’est un sujet, qui me tiens à coeur, que j’ai parfois du mal à aborder, mais en écrivant ce blog, je me dis sans cesse qu’il manque un petit truc … le début d’une histoire.
Je suis presque à la veille de ma 28ème semaine de grossesse. 28 semaines de patience, ses hauts et ses bas. C’est parfois long mais avant ça il y a eu 2 années d’attente. 2 ans avant de voir un double + apparaître sur ce foutu test de grossesse.

Nous avons mis plus de 18 mois avant d’intégrer le cercle de la PMA car je savais bien qu’il y avait un soucis et que cela venait de moi. La peur de la réalité, m’a fait repousser encore et encore les examens jusqu’au jour où je me suis enfin sentie prête à affronter la vérité, que je connaissais, mais qui n’avait jamais vraiment été prononcé par un spécialiste.
Ironie du sort lorsque l’on sait que ma première grossesse n’était pas prévue et que lorsque j’ai souhaité remettre le couvert, cela n’a pas marché comme nous l’aurions aimé.
J’ai foulé le couloir « des petits pas jaunes », celui où les couples attendent avec patience, entre déceptions et espoir, la bonne nouvelle, LA solution. J’ai découvert que nombreuses étaient ces personnes en difficultés, autant sur les forums, les blogs que sur ces bancs. 
Je n’aurais jamais imaginé cela avant d’en arriver moi même ici.
J’ai découvert les examens en tout genre, les termes médicaux farfelus, je suis passé au bloc une fois, puis deux. Une coelio ratée, « moins de 1% de complications » selon la feuille que l’on avait signé. 
Quelques jours avant le passage sur le billard, je vois mon homme, me sortir d’un ton ironique « avec la chance que t’as, tu vas voir, ils vont te rater« , sa phrase m’avait fait sortir de mon stress pré-opératoire et sourire car dans ma tête, 1% ce serait vraiment un manque de pot.
Le jour de la seconde opération, ce jour où le gynéco de garde m’a annoncé que je retournais sur le billard en urgence avec un léger « ça va bien se passer » plein de doute qu’il tentait de dissimuler, j’ai ressorti cette belle phrase à mon homme « tu te souviens, avec la chance que j’ai, ils vont me rater« .
J’ai voulu faire de l’ironie, comme lui avant moi, en me disant que peut-être lui aussi sourirait, au lieu de quoi, cette homme bronzé que je connaissais, était devenu blanc comme un linge lavé avec Mir couleurs. Je le vois encore au bord de la crise de nerf, les yeux rouges, assis sur sa chaise alors qu’une dizaine de personnes, anesthésistes, chirurgiens, assistants, gynécos, venaient de se pointer en urgence en à peine cinq minutes. Le temps de comprendre ce qu’il se passait réellement.
J’ai souffert, j’ai eu peur, nous avons eu très peur, nous avions l’impression que le sort s’acharnait.
Puis la convalescence (N.B: j’ai découvert le tricot !), un mois et demi à passer sur un canapé ou au lit. Le temps de réfléchir à tout ce qui venait de se passer, le temps de naviguer sur internet, faire des rencontres virtuelles, me rendre compte encore un peu plus que nombreuses étaient les femmes à attendre.
Deux mois après cette douloureuse épreuve, je découvrais enfin un test de grossesse positif sous mes doigts.
Avec du recul, je me dis que nous avons de la chance, certes ce fût difficile, mais nous avons cette chance de pouvoir devenir parents. Ce n’est pas le cas de tous.
Six mois plus tard, j’ai toujours cette culpabilité d’avoir laissé des « connaissances » sur les bancs de la PMA.
Je sais ce qu’elles ressentent, l’espoir ou le désespoir qu’elles ont à chaque cycle. Les difficultés qui s’invites au travers du couple. D’ailleurs, quelle plus belle preuve d’Amour, que d’accompagner son conjoint/sa conjointe dans ce parcours, lorsque l’on sait que le problème vient de l’autre et non de soi.
J’ai parfois du mal à m’investir dans cette future naissance, sans doute parce que le temps fût un peu long avant d’y arriver, peut-être parce que je sais désormais que rien n’est vraiment jamais gagné, peut-être parce que finalement je me sens toujours un peu coupable d’avoir quitté le monde de la PMA quand d’autres y patientes encore.
J’avais besoin de parler de ce passage, de ce début de grossesse, de cette difficulté à concevoir qui reste un secret dans la société, comme si le couple devait avoir honte, se protéger, alors qu’en faite il devrait être  compris et soutenu.
Pour le reste, les mots sont toujours difficiles à trouver mais ils doivent avant tout rester sincères et pleins de bienveillance.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s